GENIAL DANS L'OBS HIER: témoignage de ces Français qui s'engagent dans Tsahal

Publié le par sarealnews

GENIAL DANS L'OBS HIER: témoignage de ces Français qui s'engagent dans Tsahal

(...)Benjamin (1) a 20 ans, il a grandi dans le Val-de-Marne au sein d'une famille juive d'origine marocaine, et passé son bac au lycée confessionnel Ozar Hatorah, dans le 13e arrondissement. Il était à Paris, cet été, au moment de l'opération Bordure protectrice à Gaza. Le cocktail Molotov jeté contre une synagogue, les cris de "mort aux juifs", j'avais l'impression que la guerre arrivait en France. Je me suis demandé si ma place était encore là, dans un pays où je ne peux plus descendre dans le métro avec une kippa..." . Il est parti "tout seul", a pris des cours d'hébreu, visité le pays, puis s'est inscrit à Mahal, un programme de volontariat destiné aux étrangers qui souhaitent s'enrôler sans devenir israéliens. Demain, à l'aube, il part dans le Golan rejoindre Kfir, la plus grande brigade d'infanterie de Tsahal, spécialisée dans la lutte antiterroriste. (..)

"Soldats sans famille"

En Israël, on les appelle hayalim bodedim ou lone soldiers, les "soldats sans famille". Ils sont à peine sortis de l'adolescence, n'ont longtemps connu de la guerre que les images retransmises à la télévision, mais ils ont laissé parents, frères, soeurs, amis, à des milliers de kilomètres, pour débarquer ici.

La plupart font leur alya (en hébreu : "ascension" en Terre sainte), prennent la nationalité israélienne et s'engagent dans Tsahal (voir encadré). D'autres choisissent, comme Benjamin, de ne pas devenir israéliens et de rejoindre l'armée dans le cadre du programme de volontariat Mahal, l'acronyme de Mitnadvei Chutz LaAretz, qui désignait déjà les étrangers venus combattre lors de la création d'Israël en 1948. Marches sous le cagnard avec des kilos de matériel sur le dos, nuits sans sommeil, krav maga (technique d'autodéfense)...

J'ai été incorporé en 2006 quelques jours avant le début de la guerre du Liban, raconte Elie, 27 ans, parti de son 19e arrondissement natal après le bac. L'entraînement était très éprouvant et on se demandait chaque soir si on allait être envoyés combattre le Hezbollah. J'ai failli craquer, je me demandais ce que je faisais là alors que j'aurais pu rester tranquille derrière un bureau. Mais j'avais envie de défendre Israël, de faire l'armée comme on l'imagine, pas comme cuistot à préparer les gamelles."

Ils seraient aujourd'hui 3 000 hayalim bodedim venus de tous les pays du monde, parmi lesquels 500 Français dont une cinquantaine de volontaires Mahal. Et le phénomène s'amplifierait depuis une dizaine d'années. C'est ce qu'on entend, ici ou là, mais il est difficile de vérifier les chiffres. Côté israélien comme côté français, les bouches se ferment quand on aborde le sujet. Un porte-parole de Tsahal : "Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons accepter de participer à cet article." Son homologue au Quai-d'Orsay : "Nous n'avons pas d'éléments, ni de statistiques à communiquer." (..)

Pic des appels

Mais c'est surtout à chaque conflit que les candidats affluent. Au bureau parisien de l'Agence juive, l'organisme chargé de l'immigration, on a noté un pic des appels, à la mi-juin, après l'enlèvement et le meurtre de trois adolescents juifs près des colonies de Goush Etzion, en Cisjordanie. En juillet et août, lors de l'opération à Gaza, la moyenne est montée à dix coups de fil par jour. (...)

"Les attentats-suicides se multipliaient, avec tous ces corps déchiquetés, ensanglantés, amputés. Les juifs risquaient chaque jour leur vie là-bas. Moi, je menais une vie tranquille à Paris à boire des coups avec mes copains. Je culpabilisais de plus en plus." Il s'est engagé dans l'un des bataillons les plus durs de Tsahal, les forces spéciales, pour deux ans et trois mois, alors qu'en tant qu'olim ("immigrant"), il aurait pu faire un service plus court.

"Rite initiatique"

Il se souvient de nuits entières de guet sous la pluie glaçante, de contrôles à un checkpoint en Cisjordanie, avec ces Palestiniens "qui voulaient juste aller travailler tranquillement", et des semaines de stationnement à la frontière de Gaza, où il a pensé vivre ses derniers instants. Plusieurs fois, l'ordre d'"entrer" avait été donné, avant d'être annulé au dernier moment. (...)

Beaucoup de lone soldiers sont ainsi parmi les premiers à rejoindre les unités combattantes et à prolonger leur service. Comme Nissim, 31 ans, capitaine d'infanterie dans un bataillon d'élite, qui s'est engagé pendant cinq ans et demi. Lorsque j'étais en terminale, dans le 19e arrondissement de Paris, le directeur nous avait conseillé de nous tenir à l'arrière du quai, dans le métro. Un élève venait d'être poussé sur les voies. Ici, nous pouvons nous défendre. J'ai fait la guerre du Liban, des centaines d'opérations en Judée, en Samarie, à Gaza... "

Signe d'un communautarisme de plus en plus fort ? "Chaque génération a ses causes. Aujourd'hui, les juifs défendent un judaïsme identitaire qui veut sauver Israël, conclut Esther Benbassa, chercheuse au Centre Roland-Mousnier et sénatrice EELV. On ne peut pas comparer cet engagement avec les départs pour le djihad. Mais c'est une quête de sens, une recherche de cause forte, où l'on risque sa vie." (...)

L'OBS

Retrouvez l'article complet:

:http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20141128.OBS6494/israel-ces-francais-qui-s-engagent-dans-tsahal.html

(1) Le prénom a été changé.

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Publié dans Israel, Alyah

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